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Nos besoins nutritionnels évoluent-ils au cours de la vie ?



Nous mangeons tous les jours. Mais notre corps, lui, n’est jamais exactement le même.


À 20 ans, à 40 ans ou à 70 ans, nous pouvons continuer à aimer les mêmes aliments, conserver les mêmes habitudes et parfois même manger à peu près les mêmes quantités.


Pourtant, à l’intérieur du corps, beaucoup de choses évoluent.


Notre composition corporelle change. Notre activité physique peut diminuer ou augmenter. Nos hormones évoluent. Notre masse musculaire se transforme. Nos besoins énergétiques ne restent pas nécessairement identiques. Notre appétit lui-même peut changer.


Alors une question mérite d’être posée :


devrions-nous manger de la même manière toute notre vie ?


La réponse est plus intéressante qu’un simple oui ou non.



Nous avons besoin d’énergie… mais pas seulement


Nous associons facilement l’alimentation aux calories.


Elles sont évidemment importantes : notre organisme a besoin d’énergie pour maintenir sa température, faire battre le cœur, alimenter le cerveau, respirer, bouger, digérer, réparer les tissus et assurer une multitude de fonctions invisibles.


Mais manger ne consiste pas uniquement à fournir du carburant.


Notre alimentation apporte également des protéines, acides gras, glucides, fibres, vitamines, minéraux et autres composés bioactifs nécessaires au fonctionnement de l’organisme.


Et c’est là qu’apparaît un phénomène intéressant.


Avec le temps, nos besoins énergétiques peuvent diminuer sans que tous nos besoins nutritionnels diminuent dans les mêmes proportions.


Autrement dit : avoir besoin de moins d’énergie ne signifie pas nécessairement avoir besoin de moins de nutriments.


Le muscle change une partie de l’équation


Le muscle va revenir très souvent dans My-Iseo.


Et pour cause.


Notre masse musculaire et surtout nos capacités musculaires peuvent évoluer au cours de la vie, particulièrement si nous devenons moins actifs.


Or le muscle n'est pas seulement impliqué dans le mouvement. Il joue également un rôle important dans le métabolisme et constitue une réserve fonctionnelle précieuse.


L’alimentation et l’activité physique sont alors intimement liées.


Les protéines apportent les acides aminés nécessaires à la synthèse des protéines musculaires, tandis que l’exercice — notamment le travail de résistance — constitue un puissant signal pour entretenir le tissu musculaire.


Nourrir le muscle sans le solliciter n’est donc pas tout à fait la même chose que nourrir un muscle qui travaille.


Et inversement.


C'est l'une des raisons pour lesquelles nutrition et mouvement ne devraient probablement pas être pensés séparément.


Manger moins… mais mieux ?


Avec l'âge, certaines personnes voient leur dépense énergétique diminuer, notamment lorsque l'activité physique baisse ou que la composition corporelle se modifie.


Cela peut conduire à manger moins.


Mais si les quantités diminuent beaucoup tandis que la qualité nutritionnelle reste médiocre, il devient plus difficile de couvrir certains besoins.


C’est ici qu’intervient une notion essentielle : la densité nutritionnelle.


Un aliment peut apporter beaucoup d’énergie et relativement peu de micronutriments, tandis qu’un autre peut fournir protéines, fibres, vitamines ou minéraux pour un apport énergétique modéré.


Cela ne signifie pas qu’il existe des aliments « parfaits » et des aliments « interdits ».


Cela signifie simplement que la composition de ce que nous mangeons prend probablement encore davantage d’importance lorsque nos besoins énergétiques évoluent.


Notre appétit n’est pas une calculatrice


Une autre difficulté apparaît : nous ne mangeons pas uniquement lorsque notre organisme manque d’énergie.


Nous mangeons parce que nous avons faim.


Mais également parce que c’est l’heure.


Parce que nous sommes avec d’autres.


Parce qu’un aliment nous fait envie.


Parce que nous sommes fatigués, stressés ou contrariés.


Parce qu'une odeur nous rappelle quelque chose.


Ou simplement parce que manger procure du plaisir.


Et heureusement.


Réduire l’alimentation à une équation nutritionnelle ferait oublier une dimension fondamentale :


manger est aussi un acte sensoriel, émotionnel, culturel et social.


La question n'est donc pas de transformer chaque repas en prescription.


Elle est de mieux comprendre les signaux qui nous conduisent à manger.


Le microbiote participe lui aussi à l’histoire


Nous ne mangeons pas seuls.


Une partie de ce que nous consommons devient également le substrat des micro-organismes qui peuplent notamment notre intestin.


Les fibres alimentaires, par exemple, peuvent être fermentées par certaines bactéries intestinales, qui produisent alors différents métabolites.


La composition du microbiote varie énormément d'une personne à l'autre et peut être influencée par de nombreux facteurs : alimentation, médicaments, environnement, âge ou mode de vie.


Nous commençons à comprendre l'importance de ces interactions, mais le microbiote est également devenu un formidable terrain de simplifications commerciales.


« Bon » ou « mauvais » microbiote, aliment miracle, probiotique universel : la réalité scientifique est beaucoup plus complexe.


Nous lui consacrerons donc un dossier entier.


Les mêmes règles pour tout le monde ?



C'est probablement là que le discours nutritionnel devient délicat.


Nous aimerions disposer d'une alimentation idéale applicable à chacun.


Mais nos besoins dépendent notamment de notre âge, de notre sexe, de notre taille, de notre composition corporelle, de notre niveau d'activité, de notre état physiologique et parfois de notre état de santé.


Une personne très active de 65 ans peut avoir des besoins très différents de ceux d'une personne sédentaire de 35 ans.


Une grossesse, une période de croissance, un entraînement sportif important ou certaines situations médicales modifient encore la donne.


L'âge seul ne suffit donc pas davantage à définir notre alimentation qu'il ne suffit à définir notre corps.


Et les compléments alimentaires ?


Ils méritent eux aussi d’être regardés sans passion.


Un complément peut être utile lorsqu’il répond à un besoin identifié ou à certaines situations particulières.


Mais « naturel » ne signifie pas automatiquement nécessaire, efficace ou sans risque.


Et prendre davantage d'un nutriment n'améliore pas nécessairement davantage notre santé.


Avant de compléter, la première question devrait donc souvent être :


pourquoi ?


Que cherche-t-on à corriger ou à améliorer ?Existe-t-il réellement un risque d'apport insuffisant ?Peut-on agir d'abord sur l'alimentation ?Existe-t-il des interactions avec un traitement ou une situation particulière ?


C'est exactement la démarche que nous appliquerons lorsque nous parlerons de micronutrition.


Se nourrir, c'est accompagner un corps qui change


Peut-être faut-il finalement renverser la question.


Plutôt que chercher « le régime idéal », nous pourrions apprendre à observer comment évoluent notre corps, notre activité, notre faim, notre digestion et nos besoins.


Parce que bien se nourrir n'est probablement pas reproduire exactement la même alimentation pendant cinquante ans.


Ce n'est pas non plus suivre chacune des nouvelles tendances nutritionnelles.


C'est trouver progressivement une alimentation suffisamment nourrissante, diversifiée, agréable et adaptée à la vie que nous menons aujourd'hui.


Puis accepter qu'elle puisse évoluer demain.


Parce que, comme nous l'avons vu dans notre premier article :


le vivant ne reste jamais immobile.


MY-ISEO — SE NOURRIR

Comprendre le corps. Mieux vivre avec lui.


À suivre sur My-Iseo : le muscle, bien plus qu’un moteur du mouvement.

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