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Notre corps ne cesse jamais de changer. Et si nous apprenions d’abord à le comprendre ?

il y a 12 heures
5 min de lecture


Nous vivons toute notre vie avec notre corps. Pourtant, nous connaissons souvent mieux son apparence que son fonctionnement.


Nous remarquons lorsqu’il se fatigue. Lorsqu’il récupère moins vite. Lorsque notre sommeil change, que notre digestion devient différente, que notre peau se transforme, que notre énergie fluctue ou que certains gestes nous semblent moins faciles.


Nous cherchons alors une explication.


Le sommeil ? Les hormones ? L’alimentation ? Le stress ? L’âge ? Le manque d’activité ? Une carence ?


La réponse est rarement aussi simple.


Car le corps humain n’est pas une juxtaposition d’organes fonctionnant indépendamment les uns des autres. C’est un organisme vivant, extraordinairement dynamique, qui communique, compense et s’adapte en permanence.


Comprendre cette capacité d’adaptation est probablement l’une des premières clés pour mieux vivre avec lui.


Un corps qui se transforme sans cesse


Nous avons parfois l’impression que notre corps ne change véritablement qu’à certaines étapes de la vie : l’enfance, la puberté, la grossesse, la ménopause ou le vieillissement.


En réalité, le changement est permanent.


À chaque instant, certaines cellules sont renouvelées, des protéines sont fabriquées et dégradées, notre système immunitaire surveille son environnement, notre cerveau traite une multitude d’informations et notre métabolisme adapte l’utilisation et le stockage de l’énergie.


Même notre organisme n’est pas entièrement « nous » : il cohabite avec d’immenses communautés de micro-organismes, notamment dans l'intestin, qui interagissent avec leur environnement et avec notre physiologie.


Le vivant n’est donc jamais totalement immobile.


Il cherche continuellement à maintenir des équilibres dans un environnement qui, lui, change sans cesse.


Nous ne vieillissons pas du jour au lendemain


Cette idée permet également de regarder différemment le temps qui passe.


Le vieillissement n'est pas un interrupteur qui s'enclencherait à 50, 60 ou 70 ans.


Certaines transformations commencent très tôt et progressent lentement. La composition corporelle évolue. La masse et la fonction musculaires peuvent se modifier. Les hormones changent. Les rythmes du sommeil évoluent. Les capacités de réparation ne sont pas identiques à tous les âges.


Mais ces trajectoires ne sont pas uniformes.


Deux personnes du même âge chronologique peuvent présenter des capacités physiques, métaboliques ou fonctionnelles très différentes.


Notre histoire biologique compte, bien sûr. Mais notre environnement et nos comportements comptent également : activité physique, alimentation, sommeil, exposition à la lumière, tabac, alcool, stress, relations sociales ou encore environnement de vie.


C'est pourquoi parler uniquement d'âge ne suffit pas à raconter ce qui se passe dans un corps.


Le muscle parle au reste du corps


Prenons un exemple.


Nous avons longtemps considéré le muscle essentiellement comme ce qui permet de produire un mouvement.


Nous savons aujourd'hui que le muscle squelettique participe aussi à de nombreuses fonctions métaboliques et produit, notamment lors de la contraction, des molécules de signalisation capables d'agir à distance.


Bouger n'est donc pas seulement « brûler des calories ».


Lorsque nous marchons, portons une charge, montons un escalier ou travaillons notre force, nous sollicitons un système qui dialogue avec le reste de l'organisme.


Voilà pourquoi le muscle mérite probablement beaucoup plus d'attention que celle que nous lui accordons généralement.


Nous y reviendrons souvent dans My-Iseo.


Le sommeil n'est pas une parenthèse


Autre exemple : dormir.


Nous pourrions considérer ces heures comme un simple arrêt de notre activité quotidienne.


C'est exactement l'inverse.


Pendant le sommeil se déroulent de nombreux processus essentiels à la régulation de l'organisme : activité cérébrale spécifique, consolidation de certaines formes de mémoire, régulation hormonale et métabolique, fonctionnement immunitaire…


La qualité du sommeil peut elle-même être influencée par ce qui s'est passé pendant la journée : lumière reçue, activité physique, horaires, alimentation, stress ou environnement.


Encore une fois, les frontières que nous dessinons entre les sujets sont beaucoup moins nettes à l'intérieur du corps.


Et nos émotions ?


Elles ne flottent pas quelque part au-dessus de notre physiologie.


Une situation perçue comme menaçante peut modifier rapidement notre fréquence cardiaque, notre respiration, notre vigilance ou la libération de certaines hormones.


C'est une formidable capacité d'adaptation.


Le problème apparaît notamment lorsque certains systèmes sollicités pour répondre ponctuellement à une difficulté restent mobilisés trop souvent ou trop longtemps.


Comprendre le stress ne consiste donc pas simplement à opposer le « psychologique » au « physique ».


Une émotion est vécue par un organisme entier.


Et cette relation entre cerveau, corps et environnement constitue l'un des territoires que nous voulons particulièrement explorer.




Comprendre avant de vouloir corriger


C'est peut-être ici que commence véritablement My-Iseo.


Nous sommes entourés de conseils.


Mangez ceci. Évitez cela. Prenez ce complément. Faites 10 000 pas. Dormez huit heures. Respirez de telle manière. Exposez-vous au froid. Essayez la lumière rouge. Surveillez votre glycémie…


Certains conseils reposent sur des données solides.D'autres sont intéressants mais encore discutés.D'autres enfin transforment une hypothèse scientifique en certitude commerciale.


Pour une personne qui cherche simplement à prendre soin d'elle, faire la différence devient extrêmement difficile.


Nous voulons donc essayer une autre voie.


Avant de demander :

« Que dois-je faire ? »


nous commencerons souvent par :

« Que se passe-t-il réellement dans le corps ? »


Puis nous regarderons ce que nous savons, ce que nous savons moins bien et ce que la recherche est encore en train d'explorer.


Science, nature et nouveaux horizons


Cela ne signifie pas opposer science et approches naturelles.


Au contraire.


Le vivant existait bien avant que nous sachions en décrire les mécanismes.


La lumière, le mouvement, le sommeil, l'alimentation, le contact avec la nature, les rythmes biologiques ou les relations humaines font partie de notre environnement depuis toujours.


La science permet progressivement de comprendre certains des mécanismes par lesquels ils interagissent avec notre organisme.


Parallèlement apparaissent de nouvelles technologies : photobiomodulation, capteurs physiologiques, analyse du sommeil, objets connectés, nouvelles techniques d'imagerie ou outils d'intelligence artificielle.


Certaines sont déjà bien documentées dans des indications précises. D'autres restent expérimentales ou leurs usages grand public vont parfois plus vite que les preuves.


Nous voulons pouvoir parler des deux avec la même curiosité et la même exigence.


Sans fascination aveugle pour la nouveauté.


Sans rejet systématique de ce qui vient de la tradition.


Le vivant comme fil conducteur


C'est finalement ce mot qui réunit tout ce que nous allons explorer ici.


Le vivant.

Le corps.

Le cerveau.

Le mouvement.

L'alimentation.

Le sommeil.

Les émotions.

L'environnement.

La nature.

Le vieillissement.


Et les technologies qui cherchent aujourd'hui à mieux observer, comprendre ou accompagner certains de ces mécanismes.


Nous ne voulons pas vous expliquer comment empêcher votre corps de changer.


Il changera.


Nous voulons comprendre avec vous comment il change, pourquoi il change et ce qui peut contribuer à préserver aussi longtemps que possible ses capacités d'adaptation.


À 30 ans comme à 70 ans.


Parce qu'il n'existe probablement pas un âge à partir duquel il faudrait soudain commencer à s'intéresser à son corps.


Il existe simplement un corps avec lequel nous allons vivre toute notre vie.



MY-ISEO — Le vivant

Comprendre le corps. Mieux vivre avec lui.

Cet article ouvre la série « Le vivant », consacrée aux mécanismes qui permettent au corps humain de s'adapter, de se transformer et de maintenir ses équilibres. Prochain sujet : le muscle, cet organe que l'on connaît encore trop peu.

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